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Google va supprimer la mise en avant de plus de 200 sites d’info allemands

Mar 31, 2016

Google va supprimer la mise en avant de plus de 200 sites d’info allemands

Google va supprimer la mise en avant de plus de 200 sites d’info allemands

Categorie : Actualités le par : CHAKIRA Ahmed

Le torchon continue de brûler entre Google et la presse allemande. En effet, un nouveau rebondissement vient d’être annoncé par la voix du patron du géant de la recherche outre-Rhin, Philipp Justus : tous les sites regroupés au sein de VG Media (soit plus de 200 titres) n’auront plus droit à une mise en avant visuelle à partir du 9 octobre. Le début d’une pression sur l’audience.

Les liens entre la presse et Google sont complexes, et ce dans de nombreux pays. Les médias en ligne dépendent à la fois de Google News pour une bonne partie de leur audience lorsqu’ils y trouvent une bonne place, et ils utilisent aussi pour certains les services publicitaires du géant du web. C’est donc un partenaire de premier plan alors même que c’est aussi un sujet important à traiter au quotidien. Un mélange des genres qui n’est pas sans poser quelques questions, surtout lorsque le service déploie des outils comme Play Magazine, qui intègre une liste de titres à privilégier ou non.

La presse et Google : entre partenariats et batailles juridiques

Cela n’empêche pas certains patrons de presse de s’opposer à la société, qui est accusée de se faire de l’argent avec le contenu maison, sans rien reverser, tout en exploitant sa position dominante pour imposer ses choix. On se souvient de la bataille qui avait eu lieu en France, et qui s’était assez vite réglée à l’amiable via la création d’un fond de 60 millions d’euros destiné à aider certains sites à financer des projets, les résultats étant détaillés par ici. Un accord contesté par le SPIIL (dont Next INpact est membre).

Mais la guerre n’est pas finie. Elle continue de prendre forme notamment à travers la création de l’Open Internet Project, qui associe des médias allemands et français dans une volonté de démanteler les services de Google. En Allemagne, on apprenait aussi récemment que le gouvernement cherchait à en savoir plus sur l’algorithme du géant du web. Les sites locaux se sont de leur côté regroupés sous la bannière VG Media afin de fédérer leur lutte et ont déposé une plainte en juin devant un tribunal de Munich, afin de demander une rémunération pour l’utilisation de leurs photos et du début de leurs articles au sein du moteur de recherche.

L’arme du référencement

Mais Google a semble-t-il décidé de ne pas se laisser faire, et il contre-attaque de manière active. Cela ne va pas jusqu’au déréférencement de Google News comme cela avait pu être le cas en Belgique, mais sur une simple perte de visibilité, en complément de la politique d’opt-in évoquée l’année dernière. À partir de jeudi prochain, les membres de VG Media ne verront en effet plus les « rich snippets » apparaître dans ses résultats. Cela veut dit que ni miniature, ni description ne pourront être mises en avant. 170 sites de journaux sont touchés, ainsi que 59 site de radios et 20 de télévisions.

Google n’est d’ailleurs pas le seul à avoir réagi. T-Online (Deutsch Telekom) a par exemple décidé de son côté de ne plus référencer les résultats issus de certains médias, rapporte l’AFP.

Google critiqué sur de nombreux fronts en Europe

Outre la bataille de fond, qui concerne la rémunération ou non du fait de mettre en avant des contenus de presse au sein d’un moteur de recherche, se pose donc la question de la puissance de ceux-ci, et au premier titre de Google, du fait de leur importance dans l’audience des sites. Car les forces en présence ne sont pas vraiment égales en termes de pouvoir de nuisance, même si la presse dispose de facto d’un porte-voix important, le quasi droit de vie ou de mort de Google sur les médias est un problème.

Reste maintenant à savoir si la décision du géant du web mènera sur une position plus apaisée de VG Media, et un éventuel accord, ou si au contraire cela va radicaliser les parties en présence. Quoi qu’il en soit, Google n’en a pas terminé avec les batailles à mener en Europe. L’occasion de revoir le dernier épisode de notre émission 14h42 sur le droit au déréférencement et le droit à l’oubli.

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